Autres Publications

Publications de l'auteurextraites de la Page FaceBook; Les Perles du SAMU
 

Les Perles du SAMU


Ce groupe a pour but de vous faire partager quelques perles vécues en SAMU : aussi bien en intervention SMUR qu'en régulation (CRRA ou centre 15). 

Les Médecins de l'étranger

Une petite perle, dans le cadre d'accord internationaux, nous recevons une jeune externe japonaise, au détour d'une prise en charge technique lourde à la dépose du patient ,alors que je refixe le matériel dans l'hélico et je replis et range le matériel avec l'équipe , je ré-enclenche les sangles du coquille en disant, "hop, comme papa dans maman....".
L'externe parlant peu français me demande que veut dire cette expression, embarrassé (quand on connaît la pudeur des habitants du pays du soleil levant), je rétorques cela veut dire que l'intervention c'est magnifiquement passée,un peu comme sur des roulettes,        heu ......intervention parfaite !!
Je rentres dans mes pénates et le lendemain après le staff un des PH me dit ;

— Dit donc, comme papa dans maman c'est une expression à toi non ? 

— heu oui pourquoi ? 

— Parce que l'externe à dit ça quand le chef lui a demandé comment c'est passée l'intervention....
Je me suis fait tout p'tit devant une poupée..............

Perle céphalesco-pluvieuse... 

Introduction ;

   A cette époque et durant quelques années à chaque fin d'été, j'étais pris de Céphalées violentes qui apparaissaient en début de soirée, un jour sur deux ou trois durant à peu près un mois et qui tombaient sous les coups d'un traitement que j'avais sur moi dispensé par mon excellent médecin de famille.Dieu merci cette période est révolue.Pouf-Pouf...

Le vent et la tempête faisaient rage en ce début de nuit, en stage dans une ambulance du SAMU parisien, nous nous transportions vers les urgences d'un hôpital du nord de Paris aux fins de prendre en charge un patient gravement brûlé et l'emmener vers un service de grands brûlés.

   Assis à l'arrière du véhicule, j'entendais le vent hurler tandis que la pluie frappait violemment les fenêtres, les rues encore pleines de voitures s'ouvraient timidement au chant mélodieux et cristallin de notre sirène et des lampadaires urbains espacés éclairaient fébrilement le trottoir luisant.Nous prenons en charge notre « client » , c'est un homme dans la force de l'âge, il est tristement brûles des pieds au nombril, techniqués dans le matelas à dépression, il baigne dans la Biafine (pas de Kit Brûlure à l'époque), on le distingue à peine sous les perfusions et les pousses-seringues qui crachent les antalgiques et autre drogues nécessaires à traiter la douleur avec force conviction.

   Je suis à l'arrière avec le médecin et l'infirmier anesthésiste, le patient est tout à fait conscient et nous explique son aventure, au dehors les rugissements du vent font trembler le capitonnage de l'ambulance, la tempête est terrible, et le conducteur est extrêmement prudent, Lorsque...Les prémices d'une céphalée commencent à me piquer le temporal droit, le picotement devient très vite douleur aigu, et se diffuse violemment, je cherche mon traitement dans mes poches et me rend compte qu'il est resté sur le siège avant de ma voiture sur le parking de l'hôpital, normal...

Un ange aux ailes saupoudrées d'aspirine passe virtuellement devant mes yeux.

Pour mon crâne c'est la lutte, il est rapidement pris d'assaut, ma vision se trouble terriblement, je me penche fébrilement sur mon siège, la douleur est atroce, le médecin et l'infirmier me regardent dubitatifs et je leurs dis « désolé, une de ces maudites migraines, je n'ai pas mon traitement mais ne vous inquiétez pas ça passeras » -mentis-je, pour ne pas les détourner de leurs missions initiales et Oh combien plus grave que mon petit cas.

Tordu de douleurs, je n'ai plus de dignité, et sans m'en rendre compte, Je glisse peu à peu de mon siège vers le sol, tel un vieil animal blessé, lorsque j'entends une voix, je relève péniblement la tête, s'était le patient qui s'était mis demi-assis au-dessus de moi et me disait ; « ça vas passer, Monsieur, c'est un mauvais moment, on arrive bientôt à l'hôpital !! Ils vont bien s'occuper de vous !! Ne vous inquiétez pas !!,»

Géant !! ,Et la pluie finie d'emporter ce qui me restait de dignité !!!

Didier Nougaret


"Qu'ai-je donc fait pour être ainsi précipité Dans la tempête infâme et dans l'écume amère, Et pour n'avoir plus droit à la France ma mère !."

L'Année terrible - Victor Hugo

Honte et horreur...

Une Perle n'est pas forcément drôle, elle peut-être grave aussi et susciter des cas de consciences,  

Une Perle n'est pas forcément drôle, elle peut-être grave aussi et susciter des cas de consciences, Ainsi en un lieu et temps que je ne citerais pas, ni même la ville, ni même le département au nom du droit à l'oubli, En garde Ambulancière SAMU, nous sommes mandaté chez Mr. XXX , 73 ans pour douleurs abdominales.

On est en début de soirée et nous nous transportons la fleur au fusil pour chercher notre patient à quelques kilomètres de l'hôpital. Nous nous stationnons et une voisine nous saute dessus à l'entrée de la maison ; - Bonsoir, j'ai appelé le SAMU, je vous le laisse, il est à l'étage, c'est finis pour moi !! , précise-t-elle, le menton relevé, disparaissant dans la nuit comme un regard perdu... Perplexe, je rentre à mon tour suivie de mon collègue ; et dès l'entrée nous sommes accueillis par un drapeau étalé au mur ; une immense croix gammée noire cerclé de blanc sur fond rouge... 

 Nous appelons à voix haute le Monsieur pour nous présenter et indiquer que nous montons à l'étage, il acquiesce. Nous gravissons les marches de bois grinçantes, toujours guidé par la voie et entrons dans sa chambre à l'issue d'un petit couloir flanqué de part et d'autre d'affiches du candidat d'extrême droite local.Nous entrons ainsi sans mots dire dans la chambre, et.... 

 C'est le musé du IIIeme REICH ; au mur des portraits du Führer, d' Himmler , de Goering, et autres Nazis qui me donnent la nausée... des revues type « signal » un peu partout sur les meubles usés (Signal était le principal journal de propagande publié par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale), des plâtres et autres statues diverses du même acabit sur les tables de chevet, les étagères, jusqu'au sol même; bref le musée des horreurs !

Mon sang bouillait, dans ma tête ;je fantasmait "la Marche des vertueux" d' Ezéquiel qu'entonnait Samuel L. Jackson avant de donner la mort, puis, à la réflexion, si je faisais cela je deviendrais la même bête immonde que celle que je voulais combattre. Dans cet univers surréaliste pour moi, le patient lui, nullement gêné, répond à nos questions, nous prenons les constantes, rendons compte médicalement à la régulation et l'emmenons vers les urgences. A tort ou à raison, je ne sais toujours pas, j'ai traité ce patient comme les tous les autres, c'est-à-dire avec respect et empathie, par soucis d'éthique certainement; 

 Je pense lui avoir octroyé l'humanité qu'il devait se complaire à refuser idéologiquement aux autres.

Je n'est pas demandé de nouvelle....

© 2019 Antoine Hareng. Tous droits réservés.
Optimisé par Webnode Cookies
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer